Des outils pour favoriser l'empathie chez l'enfant et l'adolescent
Selon Serge Tisseron, l’enfant est capable d’identifier les émotions d’autrui vers l’âge d’un an. Par la suite, il comprend que l’autre a une vie mentale différente de la sienne à 4 ans. Puis, entre 8 et 12 ans, se développe l’empathie cognitive, c’est à dire la capacité à se mettre à la place de l’autre sur le plan émotionnel.
Dans cette perspective, les jeux, les situations et les outils suivants contribuent à favoriser le développement de l’empathie chez l’enfant et l’adolescent.
« L’empathie, c’est s’ouvrir aux autres, mais sans pour autant devenir son objet. »
Omar Zanna (2015)
Des pistes pour éveiller l’empathie chez l’enfant avec le soutien des parents

« L’empathie est une compétence qui s’apprend, c’est un muscle émotionnel à renforcer, une zone du cerveau à développer. » Daniel J.Siegel et Tina Payne Bryson
Apprendre à se questionner
Attirer l’attention des enfants par un questionnement sur le vécu des autres, notamment lors de la lecture d’histoire ou de situations vécues. Par exemple, commencer par « A ton avis pourquoi » ou en affirmant « Je me demande pourquoi.. »

Le laisser vivre des émotions négatives
Il s’agit d’autoriser l’enfant à traverser ses émotions désagréables, comme ses frustrations quand il ne peut pas obtenir tout de suite quelque chose, sa tristesse lors du départ d’un être cher par exemple. En effet, cela l’aide à comprendre et s’identifier à celles des autres.

Développer le langage de l'empathie
Lui apprendre à exprimer son ressenti à la première personne. Par exemple dire : « Je suis en colère quand tu me prends mon tee-shirt préféré ». A l’inverse, utiliser le « TU » qui tues, comme dans « Tu me prends toujours mon tee-shirt préféré » peut provoquer une réaction de défense chez l’autre et bloquer la communication.

Cultivez de nouvelles relations
Il est utile de favoriser les occasions de rencontres avec des personnes de milieux variés. De plus, créer des opportunités d’aider les autres permet à l’enfant de mieux comprendre différentes réalités et développer son empathie.
Des jeux pour favoriser l’empathie chez l’enfant et l’adolescent
Fellings
Cette activité coopérative est destinée aux enfants à partir de 8 ans.
Elle propose 156 situations en lien avec la famille, l’école, la société et la sphère amicale.
L’objectif est double : il s’agit d’exprimer sa propre émotion et de deviner celle des autres à partir d’une situation donnée. Un score d’empathie peut ensuite être établi.
La présence d’un adulte est souhaitable pour accompagner les échanges et favoriser un climat bienveillant.
La planète des émotions
Conçue pour les enfants de 4 à 8 ans accompagnés d’un adulte, cette activité récréative invite à comprendre les émotions des autres.
L’accent est mis sur l’expression verbale. Un aide-mémoire est également proposé pour leur offrir des exemples de réponses possibles.
Empathico
Ce jeu de cartes adapté aux enfants à partir de 5 ans et aux adultes propose trois situations :
Tout d’abord, il invite à identifier les besoins en fonction d’une émotion et d’une situation.
Ensuite, il permet d’explorer l’ensemble des besoins en fonction d’une seule émotion.
Enfin, il propose d’imaginer plusieurs causes possibles à une émotion vécue dans une situation.
Des situations collectives proposées par Omar Zanna pour développer l’empathie

Le jeu des mousquetaires
Il fait partie des jeux de distance pour prendre la mesure d’autrui. Trois des 4 participants de chaque groupe tiennent une position (faire la chaise appuyé sur un mur par exemple). Le 4ème, le joker court dans la salle selon un parcours défini et peut remplacer celui qui va lâcher prise. Il faut donc être attentif aux appels, aux expressions du visage de chacun des membres du groupe.

Les clients rois
Cette situation de théatre forum propose d’envisager deux scénarios possibles au contexte suivant : Trois clients tardent à commander dans un restaurant, font du bruit avec les couverts, recrachent la nourriture, critiquent ouvertement les serveurs consciencieux. Mis à bout, ces derniers choisissent de les mettre à la porte. Ils peuvent également décider de dire ce qu’ils ont à dire et faire respecter leur travail.

J'te prends ta douleur.
Ce jeu de rôle permet de prendre la place d’autrui. Il s’agit de deviner et d’imiter la douleur ou le ressenti désagrable de l’autre. Cela implique de « s’approprier la représentation mentale de l’autre en développant sa sensibilité aux vécus intérieurs des autres ».

Le jardin des scupltures
Il s’agit d’un jeu dansé pour incarné autrui. Un ou deux participants reproduisent un tableau de maître en sculptant d’autres protagonistes. Cela implique de leur part « un alignement émotionnel avec son modèle ». Des observateurs donnent ensuite leur point de vue sur la qualité de la sculpture. Les sculptés et sculpteurs font part de leurs difficultés ou de leur plaisir.. »Mettre son corps à disposition d’autrui, c’est déposer chez lui de la confiance…nécessaire pour laisser cours à ses émotions en présence d’autrui. »
Des documents pour travailler l’empathie

Apprendre à vivre ensemble
Omar Zanna propose des activités concrètes pour développer l’empathie et améliorer le climat scolaire. A travers des jeux, des mises en situation et des échanges, il aide les élèves à mieux se comprendre et à coopérer.

Le cerveau qui dit oui
Les auteurs offrent aux parents des outils concrets pour aider les enfants à s’ouvrir aux autres. Ils proposent des techniques simples, comme des jeux et des bandes dessinées.


