De la peur à la sortie de crise

Quelques jours plus tard, les deux fillettes évoquent le blocage d’Hania en dialoguant.

Grâce à l’accompagnement engagé auprès de sa famille, une sortie de crise chez l’enfant insécurisée commence à s’esquisser.

Le lendemain, les deux fillettes reprennent le fil du dialogue et évoquent, avec leurs mots, ce qui s’est passé.

Fillette de 7 ans avec des talons hauts

 – Zoé : Pourquoi n’es-tu pas venue à l’école hier ?

– Hania : En fait, je n’arrivais plus à sortir de la maison. En plus, ça faisait une semaine que je ne dormais plus  dans mon lit. Je voulais tout le temps rester avec Maman. Quand elle changeait de pièce, il fallait que je la suive. Quand elle allait aux toilettes, je l’attendais devant la porte. C’était terrible !

– Zoé : Mais, qu’est-ce qui s’est passé ?

– Hania :  La psychologue de l’école nous a reçues ce matin. Elle m’a écoutée, on a parlé de ce que je voudrais faire à 7 ans : avoir les cheveux bleus, passer mon permis de conduire, avoir un enfant. Et là, elle nous a dit qu’il fallait faire attention de ne pas grandir trop vite. Sinon, ça pouvait devenir angoissant !. Elle a dit «  7 ans et pas plus ! « .

– Zoé : Moi, j’avais eu un truc un peu bizarre : c’était  les gros chiens.

– Hania : Ah bon !

– Zoé : Bein oui, si j’en voyait un en bas de la rue, il fallait que je change de rue. C’était pénible, parce qu’en vrai, je n’avais jamais eu de problème avec eux !

– Hania : Ha oui, quand même !

– Zoé : Du coup, avec Maman,  j’ai vu une psychologue. Elle m’a aidé à comprendre pourquoi j’avais si peur, et maintenant, ça va beaucoup mieux.

 

Plantons le décor : Hania et Zoé assises sur un banc

Dialogue ente Zoé et Hania

par Sabrina Ammouche, Virginie Fichelle

Sortie rapide de l’impasse

Ce court échange entre les deux fillettes avait ouvert une brêche. Zoé, comme Hania, développait une peur sans cause apparente. Chez Zoé, cette peur des gros chiens traduisait en réalité une envie de grandir trop vite. Elle était, elle aussi,  influencée par les récits de ses grands cousins, ce qui l’insécurisait.

En temps que psychologue, j’ai eu la chance d’accompagner Hania et sa famille dans cette période délicate.

Dès notre première séance avec sa maman, nous avons travaillé sur la notion de distance générationnelle, essentielle pour lui redonné des repères adaptés à son âge.

L’objectif était clair : lui permettre de se recentrer sur des tâches accessibles, en posant un cadre sécurisant.

7 ans, pas plus, pas moins.

Progressivement, Hania a retrouvé sa place en classe et repris ses appentissages avec sérénité.

En parallèle, les jeune adultes de la famille ont été sensibilisés à leur influence. Ils ont accepté d’adapter leurs conversations, en protégeant Hania des préoccupations  d’adultes.

Petit à petit, le quotidien d’Hania s’est allègé. Même, son grand frère a cessé de la surprendre à chaque coin de mur, en surgissant comme un ninja.

Un climat plus paisible s’est installé, permettant une véritable sortie de crise chez cette fillette insécurisée. Hania a pu ainsi retrouver sa juste place d’enfant.

Fillette souriante assise en classe
Icône ronde et bleue, avec l'inscription A propos de l'auteure, une page jaune et le logo de information

 

Isabelle Louati est psychologue et auteure du blog Au fil des pensées : entre expériences et réflexions d’une psychologue.

Isabelle Louati donne la parole aux enfants et explore leurs rêves, leurs inquiétudes et leurs envies parfois déroutantes, comme celle de “vouloir un enfant à 7 ans”.

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Sources consultées

Couverture du livre Il me cherche, outil parental pour décrypter la crise des sept ans et les tensions liées à l’envie d’autonomie.
Couverture du livre Les vilains petits canards, support pour comprendre les enjeux de la crise des sept ans et du besoin d’appartenance lié au désir de grandir.
Couverture du livre L'intimité surexposée, support pour aborder la crise des sept ans et l’envie de grandir face à la question du respect de l’intimité.