L'intelligence émotionnelle
Daniel Goleman considère qu’elle offre un véritable avantage aux individus, notamment en valorisant leur singularité.
Elle se révèle être un outil majeur particulièrement intéressant dans le monde professionnel.
Ainsi, son influence est décrite comme importante, voire supérieure au potentiel intellectuel.
A la source de l’intelligence émotionnelle, les émotions
« L’intelligence émotionnelle se définit comme l’habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et raisonner avec les émotions, ainsi qu’à réguler les émotions chez soi et chez les autres ». John D Mayer et Peter Salovey (1997)
Avant de pouvoir mobiliser pleinement son intelligence émotionnelle, il est essentiel de comprendre ce que sont les émotions.
Ce sont en fait des réactions psychophysiologiques déclenchées par un stimulus, qu’il soit interne ou externe.
Elles sont de courtes durées et leur manifestation corporelle est immédiate. Ainsi, tout le monde en ressent, sans qu’il soit possible de les empêcher d’émerger.
Par ailleurs, comme le souligne Antonio Damasio, l’accumulation d’émotions pénibles peut entraîner un sentiment durable de tristesse. A l’inverse, un enchaînement d’émotions joyeuses peut, avec le temps, provoquer un sentiment de bonheur.
Enfin, les émotions sont universelles. Ce qui change selon Paul Ekman, c’est la norme culturelle plus ou moins ouverte à une expression libres des émotions.
Les cinq domaines principaux de l’intelligence émotionnelle
Après avoir exploré la nature des émotions et leur rôle essentiel dans notre fonctionnement, il est essentiel de comprendre comment l’intelligence émotionnelle s’articule. Selon Peter Salovey et John D Mayer, cinq grands domaines structurent cette compétence essentielle.
La carte mentale ci-dessous présente ces cinq piliers de façon visuelle et synthétique.

La conscience des émotions
Elle est « la clé de voûte » de l’intelligence émotionnelle pour Daniel Goleman. En d’autres termes, c’est sur elle que s’appuie les autres aptitudes.
Autrement dit, cela signifie que nous sommes à la fois conscients de l’émotion mais aussi des pensées qui y sont reliées.
En effet, notre pensée oriente et anime notre émotion du moment nous disent Julien Bouret, Jérôme Hoarau et Fabrice Mauléon (2023).
De ce fait, elle conduit à l’indépendance émotionnelle.
A l’inverse, le manque de conscience conduit à se laisser submerger. Ainsi, « Quiconque est aveugle de ce qu’il ressent est à la merci de ses sentiments » (Daniel Goleman, 2014)

La maîtrise de ses émotions
Elle favorise le bien-être. L’idée est d’avoir une émotion appropriée, de contenir les émotions négatives.
Or, les personnes hautement sensibles peuvent avoir des difficultés à gérer des émotions plus variées et intenses.
Dans cette optique, s’apaiser est un art selon Goleman.
Par exemple, il faut réussir à mettre en place des stratégies pour faire face à la colère : la désamorcer en allant se promener par exemple ou en s’isolant. De plus, avoir une attitude ouverte et tenter d’envisager la situation d’un point de vue plus positif constituent aussi des moyens de calmer l’irritation.

L'automotivation
Daniel Goleman la considère comme une aptitude majeure.
En effet, face aux déconvenues, l’espérance permet de croire en nos moyens. Autrement dit, espérer, c’est refuser de céder à l’anxiété, de baisser les bras nous dit Daniel Goleman.
De plus, l’optimisme est un état d’esprit qui permet de mettre en place un plan d’action pour rebondir. Face à l’échec, l’optimiste persévère, il ne nie pas la difficulté.
Par ailleurs, Daniel Goleman évoque la notion de fluidité émotionnelle, « sommum de l’intelligence émotionnelle ». Concrètement,elle intervient lorsque les émotions maîtrisées et devenues positives sont mises au service de la performance ou de l’apprentissage.
Enfin, il semble aussi que la maîtrise d’une activité dans un domaine particulier favorise l’entrée dans la fluidité. Elle permet ainsi d’exploiter au mieux ses ressources émotionnelles et cognitives.
L'auto-motivation, 3ème composante de l'intelligence émotionnelle

L'empathie
Elle consiste à se mettre au diapason des humeurs de l’autre tout en se tenant à distance nous dit Omar Zanna.
A ce titre, elle est un solvant naturel pour Simon Baron Cohen : « tout problème plongé dans l’empathie se voit apporté une solution ».
Par ailleurs, les neurones miroirs joueraient un rôle dans l’empathie. au niveau des aires limbiques du cerveau. En effet, ils permettraient de deviner ce que ressentent les autres. « Les systèmes miroirs nous aident à vivre en société, au diapason des autres ».
En complément, Malene Rydahl propose trois composantes à l’empathie :
– Tout d’abord, l’empathie émotionnelle ou contagion émotionnelle. Elle suppose une résonnance nous dit Omar Zanna, c’est une réponse « en miroir » aux attitudes de l’autre.
– Ensuite, l’empathie sociale, qui correspond à la compréhension des interactions, de la dynamique des groupes.
– Enfin l’empathie cognitive, qui est la capacité de voir, comprendre intellectuellement ce que vit l’autre, l’accepter. Elle s’apparente davantage à un raisonnement logique qu’à une expérience émotionnelle directe.
Cependant, selon Omar Zanna, il est important de noter que les manipulateurs n’en sont pas dénués. Ils savent parfaitement percevoir les émotions des autres. Ils s’en servent à des fins malveillantes et ils aiment frustrer ceux qui les entourent.
Pour enrichir cette vision, Danie J. Siegel et Tina Payne Bryson considèrent l’empathie comme un diamant à cinq facettes. Ainsi, ils complètent le tableau en ajoutant la prise de perspective qui permet de voir le monde avec les yeux de l’autre.
De plus, ces auteurs introduisent la notion de joie empathique, qui consiste à se réjouir du bonheur, des succès et du bien-être d’autrui.

La maîtrise des relations interpersonnelles
L’art des relations interpersonnelles réside selon Daniel Goleman dans la capacité à connaître les sentiments d’autrui et à se comporter de manière à influer sur eux. Les habiletés sociales sont des manifestations de cette intelligence émotionnelle.
Ainsi, l’empathie et la maîtrise de soi apparaissent pour lui comme des aptitudes psychologiques nécessaires à la maîtrise des émotions des autres.
Par ailleurs, Thomas Hatch et Howard Gardner propose une division de l’intelligence interpersonnelle en quatre grandes composantes :
Tout d’abord, celle du leader, capable d’organiser efficacement des groupes et d’inspirer une dynamique collective.
Ensuite, celle du médiateur, qui excelle dans l’art de négocier des solutions et de résoudre des conflits avec diplomatie.
Viennent ensuite les personnes sur qui on peut compter dans la durée : les amis proches, des partenaires de confiance, qui savent tisser et entretenir des relations interpersonnelles solides et authentiques.
Enfin, la quatrième composante est incarnée par les conseillers. Ce sont ceux qui perçoivent les sentiments, les motivations et les préoccupations des autres, offrant ainsi écoute et soutien éclairé.
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