L’inhibition cognitive : comprendre et entraîner le contrôle des impulsions chez l’enfant
Entraîner l’inhibition cognitive est essentiel.
Être capable d’inhiber, c’est savoir se dire « stop ». C’est la capacité de réfléchir avant d’agir, aussi bien sur le plan affectif que cognitif.
Cette capacité est notamment mobilisée lorsque l’enfant doit attendre son tour, résister à une envie immédiate, gérer une frustration ou réfléchir avant de parler.
Dans la vie quotidienne, ces difficultés peuvent prendre des formes très différentes et susciter de nombreuses questions chez les parents.
FAQ – Impulsivité chez l’enfant : questions fréquentes et pistes concrètes ➡️
L’inhibition cognitive permet de mieux contrôler ses impulsions, de respecter les règles établies, et de vivre harmonieusement avec les autres.
Elle joue également un rôle clé dans notre capacité à filtrer les informations pertinentes, à résister aux distractions, et à freiner l’apparition de comportements inadaptés.
L’inhibition fonctionne en lien avec d’autres fonctions exécutives comme la mémoire de travail, la flexibilité cognitive et la planification.
Comme le souligne Michèle Mazaud (2013), l’inhibition intervient notamment lorsqu’il s’agit de mettre en pause des routines précédemment acquises mais devenues inadaptées à la situation. Elle précise par ailleurs que l’inhibition des automatismes constitue une condition indispensable à la résolution de problèmes, à la prise de décision, au choix de stratégies pertinentes.
Ainsi, l’inhibition est une fonction exécutive fondamentale dans le développement de l’enfant et de l’adolescent. Elle permet de freiner une réponse automatique pour adopter un comportement plus adapté.
« Se développer, c’est apprendre à inhiber », nous rappelle Olivier Houdé (2011).
« L’inhibition est une forme de contrôle attentionnel et comportemental qui permet aux enfants de résister aux habitudes et automatismes, aux tentations, distractions ou interférences, et de s’adapter aux situations complexes. » Olivier Houdé
Intéressons-nous à l’implication de l’inhibition cognitive à l’école et dans le monde professionnel

A L'ECOLE
L’inhibition est importante pour apprendre :
L’enfant doit en effet gérer son impulsivité motrice, ce qui nécessite de mobiliser son inhibition cognitive pour rester disponible en classe.
Sur le plan cognitif, il doit réussir à freiner les réponses précipitées, gérer le vagabondage mental et revenir sur l’activité en cours.
Sur le plan affectif, il doit gérer l’intrusion de la peur de mal faire ou le besoin de feed-back rapide.

Dans le DOMAINE PROFESSIONNEL
Savoir s’auto-réguler est une clé du succès.
L’inhibition est un atout pour :
– parler au bon moment, en évitant de couper la parole ou de monopoliser la conversation. Cela favorise une écoute active et une meilleure compréhension mutuelle.
– prendre des décisions éclairées, en réduisant les risques d’erreur.
– rester calme et objectif face à des situations stressantes ou conflictuelles.
– contrôler ses émotions afin de maintenir des bonnes relations.
– s’organiser efficacement afin d’éviter le sentiment de surcharge au travail en résistant aux distractions et en priorisant.
Voici des défis express pour entraîner l’inhibition cognitive !
Ne dis pas ce que tu vois :
Tout d’abord, montrer une image ou un objet simple, par exemple une pomme.
Ensuite, demander aux participants de dire immédiatement un mot différent, comme banane.
Ce défi entraîne le cerveau à :
- observer,
- ralentir,
- et éviter de se précipiter.
Changer de prénom
Pendant deux minutes, chacun doit répondre à un prénom différent du sien.
L’objectif ici est donc d’inhiber la réponse naturelle à son vrai prénom.
Le téléphone inversé :
Pour commencer, un message simple est transmis de joueur en joueur.
Cependant, à chaque passage, le joueur doit changer un mot pour son contraire.
Par exemple : « Le chat est blanc » devient « Le chat est noir ».
Ce défi entraîne le cerveau à :
- freiner les réponses automatiques,
- réfléchir avant de parler,
- et rester attentif aux mots.
Copier sans se précipiter
Observe ce dessin pendant quelques secondes…
puis cache-le et essaie de le reproduire le plus fidèlement possible.
Le but n’est pas de dessiner parfaitement.
Le vrai défi est ailleurs :
- prendre le temps d’observer
- résister à l’envie de commencer trop vite
- vérifier les détails dans sa tête
- avancer étape par étape
Chiffres interdits
Pour débuter, les joueurs comptent à voix haute (1,2,3….).
Cependant, il est interdit de dire les multiples de 3 ou 5.
A la place, ils doivent taper dans les mains.
Ce défi entraîne le cerveau à :
- bloquer une réponse automatique,
- rester concentré,
- et changer rapidement de consigne.
Et si on jouait?

MIKADO
Bienvenue au royaume des baguettes infernales !
Le mikado est un jeu aussi simple qu’il est cruel pour les maladroits.
Tout d’abord, on lâche un joli paquet de batonnets en vrac sur la table.
Ensuite, chacun à son tour, il faut tenter d’en récupérer un…sans faire bouger les autres.
Evidemment, plus facile à dire qu’à faire !

NI OUI NI NON
Attention, terrain glissant !
Dans NI OUI NI NON, votre mission paraît simple : parler sans jamais dire « oui » ou « non ».
Tout d’abord, cela ressemble à une promenade de santé.
Ensuite, vous réalisez très vite que votre cerveau est en mode panique totale dès la première question piège.

BAZAR BIZARRE
Attention, réflexes en alerte maximum !
Dans Bazar bizarre, il ne suffit pas d’avoir de bons yeux, il faut aussi avoir des mains plus rapides que son ombre.
Tout d’abord, on retourne une carte au centre de la table.
Ensuite, sans perdre une milliseconde, il vous faudra décider : dois-je attraper ce satané fauteuil rouge ou la souris grise ?

JACQUES A DIT
JACQUES A DIT, c’est ce jeu où écouter n’a jamais été aussi dangereux !
Tout d’abord, un meneur donne des consignes à la volée : sauter, taper des pieds, tourner sur soi-même.
Cependant, il ne faut exécuter l’ordre que s’il commence par la formule magique « Jacques a dit ».
En effet, dès que le meneur oublie de prononcer « Jacques a dit », celui qui bouge et éliminé ! Tant pis !

BATAFLASH
Dans BATAFLASH, ça va aller vite, très vite !
D’abord, repérez les bonnes cartes sans perdre une seconde.
Ensuite, agissez plus vite que vos adversaires pour les attraper avant eux.
Un jeu où l’attention, la vitesse et une bonne dose de sang froid font toute la différence.

COLOR ADDICT
Dans COLOR ADDICT, vos réflexes seront mis à rude épreuve !
D’abord, il faudra décoder rapidement des cartes où les mots et les couleurs s’amusent à vous embrouiller.
Ensuite, vous devrez poser une carte en fonction de la couleur ou du mot.
Enfin, le plus rapide à vider sa main remporte la victoire.

THE MIND
Dans THE MIND, inutile de parler :
Le principe est simple en théorie : d’abord chacun reçoit des cartes numérotées. Ensuite, sans échanger un mot, il faut les poser en ordre croissant.
Enfin, si tout le monde est sur la même longueur d’onde, vous remportez la manche.

DOOBLE
Avec DOOBLE, ouvrez grand les yeux…et vite !
D’abord, observez deux cartes.
Ensuite, trouvez le symbole commun avant tout le monde.
Enfin, empilez les victoires.

MICRO MACRO KIDS LE PARC ZINZIN
Un immense cherche-et-trouve version enquête policière pour 1 à 4 joueurs dès 7 ans, où vos yeux travaillent autant que votre cerveau. Attention sélective, inhibition, flexibilité cognitive et organisation visuelle sont de la partie… tout comme le célèbre : « Mais il était là depuis le début ?! »

JUNGLE SPEED
Dans JUNGLE SPEED, vos réflexes seront vos meilleurs alliés…ou vos pires ennemis.
D’abord, observez bien les cartes qui défilent.
Ensuite, attrapez le totem dès que deux cartes identiques apparaissent.

SUSPEND
Dans SUSPEND, votre calme sera votre meilleure arme…
Le but? Ajoutez une tige à la structure sans tout faire tomber.

TIME'S UP !
Avec TIME’S UP, mieux vaut avoir une bonne mémoire…et un solide sens de l’improvisation !
Pour commencer, décrivez votre mot sans le nommer.
Puis, passez au mime pour faire deviner ce qui reste.
Comment soutenir l’inhibition chez l’enfant ?
Dans ces moments-là, les mots de l’adulte peuvent venir soutenir ce processus.
Ce que l’adulte peut dire dans ces moments là
Pour accompagner l’attente et le contrôle des impulsions
“Regarde, c’est au tour de… et après ce sera le tien.”
“Tu peux te préparer pendant que tu attends.”
“Tu peux prendre un petit moment avant de répondre.”
Pour accompagner la prise de distance
“Tu peux me dire ce qui se passe pour toi ?”
“On met des mots sur ce que tu ressens avant d’agir ?”
“Ça a l’air important pour toi, là, maintenant.”
L’inhibition cognitive se construit dans le temps, à partir d’expériences répétées et accompagnées.
Elle s’appuie sur la présence de l’adulte, qui aide l’enfant à mettre à distance, comprendre et ajuster ses réponses.


