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Relations entre enfants à l’école : comprendre, accompagner et aider à se positionner

Cour de récréation avec marquages au sol illustrant les interactions et les règles entre enfants à l’école

Comprendre et accompagner les difficultés relationnelles chez l’enfant

Les relations entre enfants à l’école peuvent être complexes : moqueries, conflits, mise à l’écart ou incompréhensions.

En tant que parent, il n’est pas toujours simple de savoir comment réagir lorsque son enfant rencontre des difficultés avec les autres.

En effet, certains enfants parlent facilement de ce qu’ils vivent,
tandis que d’autres hésitent, minimisent ou gardent certaines choses pour eux.

Dans ces moments-là, la manière d’entrer dans la discussion devient essentielle.

L’objectif n’est pas seulement de poser des questions,
mais aussi de créer un espace où l’enfant peut parler sans se sentir jugé, pressé ou mis en difficulté.

Trouver le bon moment

Par ailleurs, les échanges sont souvent plus faciles :
• pendant un trajet
• en jouant
• lors d’un moment calme du quotidien

Ainsi, parler “en passant” peut parfois aider davantage qu’un questionnement direct.

Des mots qui ouvrent… et d’autres qui ferment

Certaines phrases comme :
• “Ignore-les”
• “Tu n’as qu’à te défendre”
• “Ce n’est pas grave”

peuvent donner à l’enfant le sentiment que ce qu’il vit est simple… alors que cela ne l’est pas forcément pour lui.

À l’inverse, une posture qui cherche d’abord à comprendre et à réfléchir avec l’enfant peut l’aider à mieux penser ce qu’il traverse.

Cette page propose donc des repères pour :
• comprendre certaines dynamiques entre enfants
• accompagner votre enfant dans ses relations
• l’aider à trouver progressivement sa place et ses façons de se positionner

Enfin, l’objectif n’est pas qu’il “gère seul”,
mais qu’il puisse s’appuyer sur un adulte pour comprendre, essayer et ajuster progressivement.

Mon enfant se fait embêter à l’école, que faire ?

Il arrive que des enfants soient confrontés à des remarques répétées, des provocations, des mises à l’écart ou des gestes déplacés.

Parfois, ces situations peuvent être ponctuelles. Cependant, elles peuvent  s’installer dans le temps.

Ce que cela peut faire vivre
Pour l’enfant :

• tristesse
• colère
• honte
• sentiment d’impuissance

Pour le parent :

• inquiétude
• envie d’intervenir rapidement
• colère ou sentiment d’injustice

Illustration représentant un poisson poursuivi et perturbé par un autre poisson, pour symboliser un enfant régulièrement embêté ou provoqué dans ses relations à l’école.

En effet, ce qui paraît banal pour les autres peut devenir lourd à porter pour un enfant.

Comment accompagner son enfant
Dans un premier temps, il peut être aidant :

• d’ouvrir la discussion sans forcer
• de mettre des mots sur ce qu’il vit
• de réfléchir avec lui à des réponses possibles

Ensuite, l’enfant peut progressivement apprendre à :

• dire stop
• demander de l’aide
• s’éloigner d’une situation
• ou se faire un stop à lui-même lorsque la colère monte

À dire à votre enfant

“Tu peux demander de l’aide.”
“On va chercher ensemble ce que tu pourrais faire.”
“Tu ne dois pas rester seul avec ça.”

Quand être attentif
Si malgré cela, les situations se répètent ou impactent le bien-être de l’enfant, il est important d’en parler avec l’école.

À retenir
Finalement, se faire embêter à l’école n’est jamais anodin.

L’enfant peut avoir besoin de temps, de soutien et d’adultes disponibles pour comprendre ce qu’il vit et apprendre à y faire face.

➜ Lire aussi : Comment ignorer les moqueries (et pourquoi ce n’est pas si simple)

 

Faut-il intervenir auprès de l’école ? Mon enfant risque-t-il d’être vu comme une “balance” ?

Cette inquiétude est compréhensible.

Dans les groupes d’enfants, “rapporter” peut parfois fragiliser davantage un enfant déjà en difficulté.

Illustration représentant deux poissons cachés derrière des algues tandis qu’un banc de poissons nage au loin, pour symboliser un enfant qui cherche de l’aide sans vouloir être exposé au groupe.

Pourquoi cette peur est-elle si forte ?

Pour beaucoup d’enfants, appartenir au groupe est très important.

Ils peuvent craindre qu’en parlant à un adulte, les autres enfants les considèrent comme une « balance », les rejettent ou cessent de jouer avec eux.

Cette peur ne signifie pas forcément que l’enfant a tort de demander de l’aide.

Elle montre surtout qu’il est pris entre deux besoins : se protéger d’une situation difficile et préserver sa place dans le groupe.

Il n’y a pas une seule réponse

Tout dépend de la situation.

Certaines tensions peuvent d’abord être travaillées avec l’enfant.

D’autres nécessitent rapidement l’intervention d’un adulte.

Un enfant ne doit pas porter seul une situation qui le dépasse.

Exemple du quotidien

Après plusieurs semaines de moqueries dans la cour, un enfant finit par en parler à sa mère.

Il ajoute immédiatement :

• « Mais surtout, ne le dis à personne. »

Ce n’est pas forcément parce qu’il souhaite garder la situation pour lui.

C’est souvent parce qu’il a peur de ce qui pourrait se passer dans le groupe si les autres apprennent qu’il a demandé de l’aide.

Intervenir… mais comment ?L’intervention peut être progressive :

• réfléchir avec l’enfant à ce qu’il souhaite
• contacter un adulte discrètement
• éviter de l’exposer inutilement

L’enjeu est de protéger sans mettre davantage en difficulté.

À dire à votre enfant

• « Demander de l’aide, ce n’est pas être une balance. »
• « Les adultes sont là pour protéger. »
• « On peut chercher une manière d’en parler qui te protège. »

Quand intervenir devient nécessaire

Dans certaines situations — répétition, souffrance importante, mise en danger — l’intervention d’un adulte devient indispensable.

L’objectif n’est pas d’éviter tout inconfort, mais de ne pas laisser un enfant seul face à ce qu’il ne peut pas gérer.

À retenir

Demander de l’aide n’est pas toujours simple pour un enfant.

Par peur du regard des autres, il peut hésiter à parler ou souhaiter que la situation reste secrète.

L’enjeu est alors de l’aider à trouver une manière de se protéger, tout en préservant autant que possible sa place dans le groupe.

Pour mieux comprendre pourquoi la place dans le groupe est si importante pour les enfants, découvrez L’effet « Banc de poissons » à l’école : se regrouper pour s’intégrer et se protéger.

Mon enfant est rejeté dans la cour de récréation, comment l’aider ?

La cour de récréation est un espace très codé, où les places se construisent vite… et parfois durement.
Certains enfants peuvent se retrouver mis à l’écart, exclus de jeux ou ignorés par les autres.

Illustration représentant un banc de poissons resserré laissant un poisson isolé à l’écart, pour évoquer l’exclusion d’un enfant dans un groupe scolaire.
Ce qui peut se jouer dans le groupe

• peur d’être associé à l’enfant
• propagation d’une réputation
• loyautés
• effet d’entraînement

Ce qui peut aider l’enfant

• reconnaître sa souffrance
• préserver d’autres liens
• éviter qu’il reste seul avec la situation
• échanger avec l’école

À dire à votre enfant

• « Le fait que les autres s’éloignent ne dit pas qui tu es. »
• « Les groupes peuvent parfois fonctionner de manière injuste. »

À retenir

Une réputation de groupe peut isoler rapidement un enfant.

L’enjeu est de l’aider à préserver son sentiment de valeur et ses appuis relationnels.

Pour mieux comprendre comment certaines difficultés relationnelles peuvent s’installer progressivement à l’école, vous pouvez également découvrir l’histoire de Laura dans la série Un CM2 difficile. Cette série illustre les effets des moqueries, des tensions de groupe et du sentiment de ne pas trouver sa place parmi les autres élèves.

➡️ Lire la série Un CM2 difficile

Comment réagir face aux moqueries entre enfants ?

Les moqueries font partie des relations entre enfants.

Elles deviennent plus difficiles lorsqu’elles sont répétées, ciblées ou qu’elles mettent un enfant en difficulté.

Comprendre ce que vit l’enfant

Dans un premier temps, il peut être aidant :

• d’écouter ce qu’il raconte
• de repérer ce que cela lui fait ressentir
• de distinguer une situation ponctuelle d’une situation répétée

L’objectif est de comprendre sans banaliser ni dramatiser.
Illustration représentant plusieurs poissons nageant différemment face à une grande vague, pour symboliser les différentes façons qu’un enfant peut essayer pour réagir aux moqueries à l’école.

Face aux moqueries, il n’existe pas une seule façon de réagir.”

Chercher plusieurs réponses possibles

Selon les situations, l’enfant peut essayer :

• répondre simplement
• utiliser l’humour
• ne pas entrer dans le jeu
• s’éloigner
• demander de l’aide

L’enjeu n’est pas de répondre parfaitement,
mais de trouver des façons de réagir qui lui correspondent.

Exemple du quotidien

Pendant un jeu, un enfant peut entendre :

“Tu ne sais pas jouer !”
“Regarde-le !”

Répétées devant les autres, ces remarques peuvent :

  • gêner
  • mettre mal à l’aise
  • faire perdre confiance

Revenir ensuite avec l’enfant sur ce qu’il a ressenti ou essayé peut l’aider à retrouver des possibilités d’action.

À dire à votre enfant

“Tu peux choisir de ne pas entrer dans leur jeu.”
“Ce qu’ils disent ne définit pas qui tu es.”
“On peut chercher ensemble des façons de répondre.”

Quand être attentif

Si les moqueries deviennent répétées, ciblées ou envahissantes,
il est important de ne pas les banaliser.

L’enfant ne doit pas rester seul face à des situations qui l’atteignent durablement.

➜ Pour approfondir cette question : Comment ignorer les moqueries (et pourquoi ce n’est pas si simple)

Mon enfant se laisse faire. Que puis-je lui dire pour l'aider ?

Certains enfants évitent le conflit, parfois au prix de leur propre place.

Ainsi, ils peuvent avoir du mal à dire non, répondre, ou refuser une situation qui ne leur convient pas.

Pourtant, cela ne signifie pas qu’ils “manquent de caractère”,
mais souvent qu’ils cherchent à éviter une situation difficile pour eux.

Comprendre ce qui les freine

Dans un premier temps, il peut être aidant :

• d’écouter ce que l’enfant a vécu
• de repérer ce qui l’a empêché de réagir
• de reconnaître que ce n’est pas simple sur le moment

L’objectif est de comprendre sans le mettre en échec.

Illustration pédagogique montrant un poisson qui hésite à refuser puis apprend à dire non à un autre poisson, pour symboliser l’affirmation de soi chez l’enfant.

Construire des repères simples

Petit à petit, l’enfant peut apprendre à :

• repérer ce qui ne lui convient pas
• comprendre qu’il a le droit de refuser
• essayer des phrases simples pour poser une limite

Par exemple :

“Non, c’est à moi.”
“Je préfère le garder.”
“Je n’ai pas envie.”

Des phrases courtes, sans agressivité.

Exemple du quotidien

Parfois, un enfant peut accepter de donner son goûter, son ballon ou sa place dans un jeu…
sans vraiment en avoir envie.

Après coup, il peut :

  • se sentir frustré
  • en colère
  • ou gêné d’en parler

Dans ce contexte, revenir avec lui sur ce qu’il a ressenti peut l’aider à retrouver des possibilités d’action.

S’entraîner dans un cadre sécurisant

À la maison, certaines situations peuvent être rejouées simplement :

• essayer une phrase
• tester plusieurs réponses
• jouer la scène ensemble

L’objectif n’est pas qu’il “réussisse”,
mais qu’il se sente un peu plus prêt et soutenu.

À dire à votre enfant

“Dire non, ce n’est pas être méchant.”
“Tu as le droit de garder ce qui est à toi.”
“On peut chercher ensemble des façons de faire.”

Quand être attentif

Si l’enfant se laisse régulièrement faire ou accepte des situations qui le mettent en difficulté, il est important de ne pas banaliser.

L’enfant n’a pas à tout gérer seul.

Pour découvrir comment certaines situations peuvent progressivement fragiliser un enfant et les stratégies qu’il peut développer pour mieux se protéger, vous pouvez également lire la série Un CM2 difficile.

Mon enfant me dit “ça va”. Je vois bien que ça ne va pas : que faire ?

Quand un enfant dit “ça va” mais semble triste ou préoccupé,
il n’est pas toujours prêt à parler

Pourtant, le parent peut pourtant percevoir :

  • un décalage
  • un silence inhabituel
  • une irritation ou un repli

Ce que cela peut faire vivre au parent

• inquiétude
• frustration
• sentiment d’impuissance
• doute

Ces réactions sont compréhensibles.

Cependant, elles peuvent donner envie d’insister…
alors que l’enfant n’est pas encore prêt.

Illustration représentant deux poissons nageant côte à côte dans une eau calme, l’un semblant triste et silencieux tandis que l’autre reste présent à proximité, pour symboliser un enfant qui n’est pas encore prêt à parler.

Rester disponible sans forcer

Plutôt que :

“Mais qu’est-ce qu’il y a ?”

il peut être aidant de dire :

“Je te sens un peu ailleurs aujourd’hui.”
“On peut en reparler plus tard si tu veux.”

Ainsi, ces phrases ouvrent un espace sans mettre de pression.

Certains moments facilitent davantage la parole

En effet, ces échanges sont parfois plus simples :
• pendant un trajet
• en jouant
• en dessinant
• ou dans un moment calme du quotidien

Parler “à côté” est souvent plus facile que parler “en face”.

À dire à votre enfant

“Je suis là si tu veux en parler.”
“Tu n’es pas obligé d’expliquer tout de suite.”
“On peut prendre le temps.”

Quand être attentif

Si ce décalage se répète ou s’accompagne :

  • de tristesse
  • de repli
  • ou d’un refus d’aller à l’école

Alors, il est important d’y être attentif.

À retenir

Finalement, l’enjeu n’est pas de faire parler l’enfant à tout prix,
mais de rester présent et sécurisant.

Un enfant qui dit “ça va” n’est pas toujours un enfant qui n’a rien à dire.

Comment aider mon enfant à trouver sa place dans le groupe ?

Trouver sa place dans un groupe d’enfants n’est pas toujours immédiat.

Cela dépend :

  • du tempérament de l’enfant
  • des dynamiques du groupe
  • des expériences vécues
  • et des moments

Il n’existe pas une seule “bonne place”,
mais des équilibres qui se construisent progressivement.

Observer sans comparer

Dans un premier temps, il peut être aidant :

• de repérer avec l’enfant les situations où il se sent plus à l’aise
• de valoriser ses initiatives, même discrètes
• de l’aider à comprendre comment les groupes fonctionnent

L’objectif n’est pas qu’il ressemble aux autres,
mais qu’il trouve une manière d’être avec eux qui lui corresponde.Illustration symbolisant les dynamiques de groupe et la difficulté pour un enfant de trouver sa place parmi les autres.

Toutes les places ne se valent pas

Parfois, un enfant peut sembler “dans le groupe”…
sans réellement s’y sentir bien.

Certains enfants :
• se font très discrets pour rester acceptés
• restent “autour” du groupe
• ou changent souvent de place selon les moments

L’enjeu n’est pas de garder une place à tout prix,
mais de trouver une place où l’enfant peut exister sans s’effacer.

Les groupes évoluent

Comme dans un “banc de poissons”, les positions changent constamment.

Un enfant peut :
• s’éloigner d’un groupe
• se rapprocher d’un autre
• observer
• essayer autrement

Ces ajustements font aussi partie des relations entre enfants.

À dire à votre enfant

“Tu n’es pas obligé de rester là où tu ne te sens pas bien.”
“Ta place doit aussi te permettre d’être toi.”
“Tu peux essayer différentes façons d’être avec les autres.”

Quand être attentif

Si l’enfant reste durablement seul, en retrait ou évite les interactions,
il peut être important de l’accompagner davantage.

Une difficulté à trouver sa place peu fragiliser son sentiment d’appartenance.

À retenir

Trouver sa place ne signifie pas être accepté à n’importe quel prix.

L’enjeu est plutôt d’aider l’enfant à construire des relations dans lesquelles il peut se sentir reconnu, légitime et en sécurité.

Pour approfondir

Comme les poissons d’un banc qui se rapprochent pour se protéger, les enfants cherchent souvent leur place au sein d’un groupe.

Pour mieux comprendre cette dynamique : L’effet « Banc de poissons » à l’école : se regrouper pour s’intégrer et se protéger

Mon enfant retourne vers des camarades qui lui font du mal : comment réagir ?

Certains enfants ou adolescents restent en lien avec des camarades qui les mettent en difficulté.

Dès lors, certains parents peuvent se demander :

“Pourquoi continue-t-il donc à les voir ?”
“Pourquoi ne s’éloigne-t-il pas ?”

Ce que cela peut faire vivre au parent

• inquiétude
• incompréhension
• envie de protéger
• agacement parfois

Dans ces conditions, il peut être tentant de vouloir éloigner rapidement l’enfant de ces relations.Illustration symbolisant les relations déséquilibrées entre enfants et la difficulté à s’éloigner de camarades qui mettent l’enfant en difficulté.

Ce qui peut se jouer pour l’enfant

L’enfant peut :
• espérer que la relation change
• avoir peur d’être seul
• chercher à rester dans un groupe qu’il valorise
• ou minimiser ce qu’il vit

Ainsi, le lien peut être maintenu,
même lorsque la relation est déséquilibrée ou blessante.

Une tension difficile

L’enfant est souvent partagé entre :
• le besoin d’appartenir
• et le besoin d’être respecté

Pourtant, ces deux besoins ne vont pas toujours dans la même direction.

L’enjeu n’est pas de décider à sa place,
mais de l’aider à comprendre ce qu’il vit dans la relation.

Comment l’accompagner

Par exemple, il peut être aidant :
• de revenir sur des situations concrètes
• de lui demander ce qu’il ressent
• de l’aider à repérer ce qui lui fait du bien… ou non

Progressivement, cela peut l’aider à :
• mieux comprendre ses relations
• ajuster ses choix
• développer sa capacité à se positionner

À dire à votre enfant

“J’ai l’impression que cette relation est importante pour toi… mais aussi difficile parfois.”
“Qu’est-ce qui te fait du bien avec eux ?”
“Qu’est-ce qui te met si mal à l’aise ?”

Quand être attentif

Si malgré tout, l’enfant est régulièrement blessé, mis à l’écart ou fragilisé dans ces relations,
il est important d’y être attentif.

L’enfant ne doit pas rester seul face à des relations qui le mettent durablement en difficulté.

À retenir

Finalement, l’objectif n’est pas d’éloigner l’enfant à tout prix,
mais de l’aider à construire des relations où il peut être accepté… sans devoir s’effacer.

Comme dans un banc de poissons, il n’est pas toujours simple de s’éloigner d’un groupe ou d’une relation, même lorsqu’elle fait souffrir.

Pour approfondir cette réflexion : L’effet « Banc de poissons » : quand le groupe crée tensions et résistances

Un autre regard sur les relations entre enfants

Toutes les situations ne concernent pas uniquement des enfants en difficulté directe.

En effet, certains peuvent aussi être impliqués autrement dans les relations.

Cela peut concerner :
• un enfant témoin
• ou encore un enfant qui agit sans toujours mesurer l’impact de ses gestes.

Mon enfant a été témoin d’une situation difficile sans intervenir, comment réagir ?

Il arrive qu’un enfant soit témoin d’une situation difficile…
sans intervenir.

Dans certains cas, il peut rester silencieux, suivre le groupe ou ne pas savoir quoi faire,
même si la situation le met mal à l’aise.

Ce que cela peut faire vivre au parent

• inquiétude
• incompréhension
• déception parfois

 Ces réactions sont compréhensibles.

 Pourtant, ne pas intervenir ne signifie pas forcément être d’accord.Illustration représentant un poisson observant à distance un groupe qui se moque d’un autre poisson, pour symboliser la difficulté d’un enfant témoin à intervenir dans une situation relationnelle difficile.

Ce qui peut se jouer pour l’enfant

Dans ces moments, l’enfant peut être pris entre :

• la peur de devenir la prochaine cible
• le besoin de rester dans le groupe
• la difficulté à s’opposer seul
• l’effet d’entraînement

 Ainsi, il peut alors ne rien faire…
sans pour autant approuver ce qu’il voit.

Une position souvent difficile

Être témoin, c’est parfois être dans une place inconfortable :

 ni complètement “avec”
 ni complètement “contre”

 En effet, cette position peut être difficile à tenir pour un enfant.

Comment en parler avec lui

Par exemple, plutôt que de demander :

“Pourquoi tu n’as rien fait ?”

 il peut être aidant de demander :

“Comment tu t’es senti à ce moment-là ?”
“Qu’est-ce qui t’a empêché d’agir ?”

 De cette manière, cela permet de comprendre ce qu’il a vécu,
sans le culpabiliser.

L’aider à se positionner autrement

Un enfant n’a pas toujours les ressources pour intervenir directement.

 Il peut néanmoins apprendre à :

• ne pas participer
• s’éloigner
• soutenir discrètement l’autre enfant
• demander l’aide d’un adulte

 Ce sont déjà des manières de se positionner.

À dire à votre enfant

“Ce n’est pas toujours facile de réagir sur le moment.”
“Tu peux ne pas être d’accord sans savoir quoi faire immédiatement.”
“On peut réfléchir ensemble à d’autres possibilités.”

Quand être attentif

Si malgré cela, l’enfant se retrouve régulièrement dans ces situations ou suit le groupe malgré lui,
il peut être important de l’accompagner davantage.

À retenir

 Finalement, un enfant peut être témoin…
et être lui-même en difficulté dans la situation.

 Il apprend progressivement à trouver sa manière de se positionner dans le groupe.

Comme dans un banc de poissons, les enfants changent de position selon les situations : parfois au centre du groupe, parfois en retrait, parfois simples observateurs.

Pour approfondir cette réflexion : Tensions entre enfants à l’école : comprendre les dynamiques de groupe

On me dit que mon enfant fait du mal à un camarade. Comment réagir ?

Apprendre que son enfant peut faire du mal aux autres est souvent déstabilisant.

 En effet le parent peut être surpris, inquiet ou avoir envie de défendre son enfant.

 Pourtant, un comportement difficile ne définit pas entièrement qui est l’enfant.

Illustration représentant un poisson emporté par une vague qu’il provoque lui-même, face à un autre poisson surpris, pour symboliser un enfant qui réagit impulsivement sans vouloir faire du mal.

Ce qui peut se jouer

Certains comportements peuvent être liés :

• à une impulsivité difficile à réguler
• à un manque de mots
• à une colère accumulée
• ou à une difficulté à se maîtriser dans certaines situations

 Parfois, le comportement apparaît brutal…
alors qu’il s’inscrit dans une tension présente depuis plus longtemps.

Comprendre sans minimiser

Cependant, comprendre ne signifie pas excuser.

 L’objectif est :
• de reconnaître ce qu’il s’est passé
• d’en chercher le sens
• tout en posant un cadre clair

Comment en parler avec son enfant

 Par exemple, il peut être aidant de demander :

“Qu’est-ce qu’il s’est passé pour toi ?”
“Qu’est-ce que tu ressentais à ce moment-là ?”

 Ainsi, cela permet de
• comprendre son vécu
• mettre des mots
• réfléchir à d’autres possibilités

Développer d’autres réponses

Petit à petit, l’enfant peut apprendre à :

• dire stop avec des mots
• demander de l’aide
• s’éloigner d’une situation
• ou se faire un stop à lui-même lorsque la colère monte

 En effet, cette capacité à s’arrêter s’apprend progressivement.

À dire à votre enfant

“Je comprends que tu étais en colère, mais tu ne peux pas faire mal.”
“On peut chercher ensemble comment faire autrement.”
“Tu peux dire quand quelque chose te dérange.”

Quand être attentif

Si ces situations deviennent fréquentes ou s’intensifient,
il peut être utile d’en parler avec l’école et d’accompagner davantage l’enfant.

À retenir

 Finalement, un enfant peut faire du mal… sans être un enfant “méchant”.

 Il apprend progressivement :
• à gérer ses émotions
• à entrer en relation
• et à trouver d’autres manières d’agir.

Les relations entre enfants à l’école ne sont jamais figées.

Au contraire, elles évoluent, se construisent et se transforment au fil des expériences.

Ainsi, un enfant peut, selon les moments, être en difficulté, suivre le groupe ou agir de manière maladroite.

Cependant, ces positions ne le définissent pas : elles font partie de son apprentissage relationnel.

Progressivement, grandir avec les autres, c’est apprendre à trouver sa place, à comprendre ce que l’on ressent, mais aussi à ajuster peu à peu sa manière d’être en relation.

En tant que parent, il ne s’agit donc pas de tout régler,
mais plutôt d’accompagner, de mettre des mots, et d’offrir un espace où l’enfant peut réfléchir à ce qu’il vit.

Finalement, c’est dans ce cheminement, parfois hésitant, que se construit sa manière d’être avec les autres.

Pour aller plus loin

Un CM2 difficile
« L’effet banc de poissons » à l’école
Comment ignorer les moqueries ?