Relations entre enfants à l’école : comprendre, accompagner et aider à se positionner
Comprendre et accompagner les difficultés relationnelles chez l’enfant
Les relations entre enfants à l’école peuvent être complexes : moqueries, conflits, mise à l’écart ou incompréhensions.
En tant que parent, il n’est pas toujours simple de savoir comment réagir lorsque son enfant rencontre des difficultés avec les autres.
En effet, certains enfants parlent facilement de ce qu’ils vivent,
tandis que d’autres hésitent, minimisent ou gardent certaines choses pour eux.
Dans ces moments-là, la manière d’entrer dans la discussion devient essentielle.
L’objectif n’est pas seulement de poser des questions,
mais aussi de créer un espace où l’enfant peut parler sans se sentir jugé, pressé ou mis en difficulté.
Trouver le bon moment
Par ailleurs, les échanges sont souvent plus faciles :
• pendant un trajet
• en jouant
• lors d’un moment calme du quotidien
Ainsi, parler “en passant” peut parfois aider davantage qu’un questionnement direct.
Des mots qui ouvrent… et d’autres qui ferment
Certaines phrases comme :
• “Ignore-les”
• “Tu n’as qu’à te défendre”
• “Ce n’est pas grave”
peuvent donner à l’enfant le sentiment que ce qu’il vit est simple… alors que cela ne l’est pas forcément pour lui.
À l’inverse, une posture qui cherche d’abord à comprendre et à réfléchir avec l’enfant peut l’aider à mieux penser ce qu’il traverse.
Cette page propose donc des repères pour :
• comprendre certaines dynamiques entre enfants
• accompagner votre enfant dans ses relations
• l’aider à trouver progressivement sa place et ses façons de se positionner
Enfin, l’objectif n’est pas qu’il “gère seul”,
mais qu’il puisse s’appuyer sur un adulte pour comprendre, essayer et ajuster progressivement.
Mon enfant se fait embêter à l’école, que faire ?
Il arrive que des enfants soient confrontés à des remarques répétées, des provocations, des mises à l’écart ou des gestes déplacés.
Parfois, ces situations peuvent être ponctuelles. Cependant, elles peuvent s’installer dans le temps.
Ce que cela peut faire vivre
Pour l’enfant :
• tristesse
• colère
• honte
• sentiment d’impuissance
Pour le parent :
• inquiétude
• envie d’intervenir rapidement
• colère ou sentiment d’injustice

En effet, ce qui paraît banal pour les autres peut devenir lourd à porter pour un enfant.
Comment accompagner son enfant
Dans un premier temps, il peut être aidant :
• d’ouvrir la discussion sans forcer
• de mettre des mots sur ce qu’il vit
• de réfléchir avec lui à des réponses possibles
Ensuite, l’enfant peut progressivement apprendre à :
• dire stop
• demander de l’aide
• s’éloigner d’une situation
• ou se faire un stop à lui-même lorsque la colère monte
À dire à votre enfant
• “Tu peux demander de l’aide.”
• “On va chercher ensemble ce que tu pourrais faire.”
• “Tu ne dois pas rester seul avec ça.”
Quand être attentif
Si malgré cela, les situations se répètent ou impactent le bien-être de l’enfant, il est important d’en parler avec l’école.
À retenir
Finalement, se faire embêter à l’école n’est jamais anodin.
L’enfant peut avoir besoin de temps, de soutien et d’adultes disponibles pour comprendre ce qu’il vit et apprendre à y faire face.
➜ Lire aussi : Comment ignorer les moqueries (et pourquoi ce n’est pas si simple)
Faut-il intervenir auprès de l’école ? Mon enfant risque-t-il d’être vu comme une “balance” ?
Cette inquiétude est compréhensible.
Dans les groupes d’enfants, “rapporter” peut parfois fragiliser davantage un enfant déjà en difficulté.

Pourquoi cette peur est-elle si forte ?
Pour beaucoup d’enfants, appartenir au groupe est très important.
Ils peuvent craindre qu’en parlant à un adulte, les autres enfants les considèrent comme une « balance », les rejettent ou cessent de jouer avec eux.
Cette peur ne signifie pas forcément que l’enfant a tort de demander de l’aide.
Elle montre surtout qu’il est pris entre deux besoins : se protéger d’une situation difficile et préserver sa place dans le groupe.
Il n’y a pas une seule réponse
Tout dépend de la situation.
Certaines tensions peuvent d’abord être travaillées avec l’enfant.
D’autres nécessitent rapidement l’intervention d’un adulte.
Un enfant ne doit pas porter seul une situation qui le dépasse.
Exemple du quotidien
Après plusieurs semaines de moqueries dans la cour, un enfant finit par en parler à sa mère.
Il ajoute immédiatement :
• « Mais surtout, ne le dis à personne. »
Ce n’est pas forcément parce qu’il souhaite garder la situation pour lui.
C’est souvent parce qu’il a peur de ce qui pourrait se passer dans le groupe si les autres apprennent qu’il a demandé de l’aide.
Intervenir… mais comment ?L’intervention peut être progressive :
• réfléchir avec l’enfant à ce qu’il souhaite
• contacter un adulte discrètement
• éviter de l’exposer inutilement
L’enjeu est de protéger sans mettre davantage en difficulté.
À dire à votre enfant
• « Demander de l’aide, ce n’est pas être une balance. »
• « Les adultes sont là pour protéger. »
• « On peut chercher une manière d’en parler qui te protège. »
Quand intervenir devient nécessaire
Dans certaines situations — répétition, souffrance importante, mise en danger — l’intervention d’un adulte devient indispensable.
L’objectif n’est pas d’éviter tout inconfort, mais de ne pas laisser un enfant seul face à ce qu’il ne peut pas gérer.
À retenir
Demander de l’aide n’est pas toujours simple pour un enfant.
Par peur du regard des autres, il peut hésiter à parler ou souhaiter que la situation reste secrète.
L’enjeu est alors de l’aider à trouver une manière de se protéger, tout en préservant autant que possible sa place dans le groupe.
➜ Pour mieux comprendre pourquoi la place dans le groupe est si importante pour les enfants, découvrez L’effet « Banc de poissons » à l’école : se regrouper pour s’intégrer et se protéger.
Mon enfant est rejeté dans la cour de récréation, comment l’aider ?
La cour de récréation est un espace très codé, où les places se construisent vite… et parfois durement.
Certains enfants peuvent se retrouver mis à l’écart, exclus de jeux ou ignorés par les autres.

Ce qui peut se jouer dans le groupe
• peur d’être associé à l’enfant
• propagation d’une réputation
• loyautés
• effet d’entraînement
Ce qui peut aider l’enfant
• reconnaître sa souffrance
• préserver d’autres liens
• éviter qu’il reste seul avec la situation
• échanger avec l’école
À dire à votre enfant
• « Le fait que les autres s’éloignent ne dit pas qui tu es. »
• « Les groupes peuvent parfois fonctionner de manière injuste. »
À retenir
Une réputation de groupe peut isoler rapidement un enfant.
L’enjeu est de l’aider à préserver son sentiment de valeur et ses appuis relationnels.
Pour mieux comprendre comment certaines difficultés relationnelles peuvent s’installer progressivement à l’école, vous pouvez également découvrir l’histoire de Laura dans la série Un CM2 difficile. Cette série illustre les effets des moqueries, des tensions de groupe et du sentiment de ne pas trouver sa place parmi les autres élèves.
➡️ Lire la série Un CM2 difficile
Comment réagir face aux moqueries entre enfants ?
Les moqueries font partie des relations entre enfants.
Elles deviennent plus difficiles lorsqu’elles sont répétées, ciblées ou qu’elles mettent un enfant en difficulté.
Comprendre ce que vit l’enfant
Dans un premier temps, il peut être aidant :
• d’écouter ce qu’il raconte
• de repérer ce que cela lui fait ressentir
• de distinguer une situation ponctuelle d’une situation répétée
L’objectif est de comprendre sans banaliser ni dramatiser.
Face aux moqueries, il n’existe pas une seule façon de réagir.”
Chercher plusieurs réponses possibles
Selon les situations, l’enfant peut essayer :
• répondre simplement
• utiliser l’humour
• ne pas entrer dans le jeu
• s’éloigner
• demander de l’aide
L’enjeu n’est pas de répondre parfaitement,
mais de trouver des façons de réagir qui lui correspondent.
Exemple du quotidien
Pendant un jeu, un enfant peut entendre :
• “Tu ne sais pas jouer !”
• “Regarde-le !”
Répétées devant les autres, ces remarques peuvent :
- gêner
- mettre mal à l’aise
- faire perdre confiance
Revenir ensuite avec l’enfant sur ce qu’il a ressenti ou essayé peut l’aider à retrouver des possibilités d’action.
À dire à votre enfant
• “Tu peux choisir de ne pas entrer dans leur jeu.”
• “Ce qu’ils disent ne définit pas qui tu es.”
• “On peut chercher ensemble des façons de répondre.”
Quand être attentif
Si les moqueries deviennent répétées, ciblées ou envahissantes,
il est important de ne pas les banaliser.
L’enfant ne doit pas rester seul face à des situations qui l’atteignent durablement.
➜ Pour approfondir cette question : Comment ignorer les moqueries (et pourquoi ce n’est pas si simple)
Mon enfant se laisse faire. Que puis-je lui dire pour l'aider ?
Certains enfants évitent le conflit, parfois au prix de leur propre place.
Ainsi, ils peuvent avoir du mal à dire non, répondre, ou refuser une situation qui ne leur convient pas.
Pourtant, cela ne signifie pas qu’ils “manquent de caractère”,
mais souvent qu’ils cherchent à éviter une situation difficile pour eux.
Comprendre ce qui les freine
Dans un premier temps, il peut être aidant :
• d’écouter ce que l’enfant a vécu
• de repérer ce qui l’a empêché de réagir
• de reconnaître que ce n’est pas simple sur le moment
L’objectif est de comprendre sans le mettre en échec.

Construire des repères simples
Petit à petit, l’enfant peut apprendre à :
• repérer ce qui ne lui convient pas
• comprendre qu’il a le droit de refuser
• essayer des phrases simples pour poser une limite
Par exemple :
• “Non, c’est à moi.”
• “Je préfère le garder.”
• “Je n’ai pas envie.”
Des phrases courtes, sans agressivité.
Exemple du quotidien
Parfois, un enfant peut accepter de donner son goûter, son ballon ou sa place dans un jeu…
sans vraiment en avoir envie.
Après coup, il peut :
- se sentir frustré
- en colère
- ou gêné d’en parler
Dans ce contexte, revenir avec lui sur ce qu’il a ressenti peut l’aider à retrouver des possibilités d’action.
S’entraîner dans un cadre sécurisant
À la maison, certaines situations peuvent être rejouées simplement :
• essayer une phrase
• tester plusieurs réponses
• jouer la scène ensemble
L’objectif n’est pas qu’il “réussisse”,
mais qu’il se sente un peu plus prêt et soutenu.
À dire à votre enfant
• “Dire non, ce n’est pas être méchant.”
• “Tu as le droit de garder ce qui est à toi.”
• “On peut chercher ensemble des façons de faire.”
Quand être attentif
Si l’enfant se laisse régulièrement faire ou accepte des situations qui le mettent en difficulté, il est important de ne pas banaliser.
L’enfant n’a pas à tout gérer seul.
Pour découvrir comment certaines situations peuvent progressivement fragiliser un enfant et les stratégies qu’il peut développer pour mieux se protéger, vous pouvez également lire la série Un CM2 difficile.
Mon enfant me dit “ça va”. Je vois bien que ça ne va pas : que faire ?
Quand un enfant dit “ça va” mais semble triste ou préoccupé,
il n’est pas toujours prêt à parler
Pourtant, le parent peut pourtant percevoir :
- un décalage
- un silence inhabituel
- une irritation ou un repli
Ce que cela peut faire vivre au parent
• inquiétude
• frustration
• sentiment d’impuissance
• doute
Ces réactions sont compréhensibles.
Cependant, elles peuvent donner envie d’insister…
alors que l’enfant n’est pas encore prêt.
Rester disponible sans forcer
Plutôt que :
• “Mais qu’est-ce qu’il y a ?”
il peut être aidant de dire :
• “Je te sens un peu ailleurs aujourd’hui.”
• “On peut en reparler plus tard si tu veux.”
Ainsi, ces phrases ouvrent un espace sans mettre de pression.
Certains moments facilitent davantage la parole
En effet, ces échanges sont parfois plus simples :
• pendant un trajet
• en jouant
• en dessinant
• ou dans un moment calme du quotidien
Parler “à côté” est souvent plus facile que parler “en face”.
À dire à votre enfant
• “Je suis là si tu veux en parler.”
• “Tu n’es pas obligé d’expliquer tout de suite.”
• “On peut prendre le temps.”
Quand être attentif
Si ce décalage se répète ou s’accompagne :
- de tristesse
- de repli
- ou d’un refus d’aller à l’école
Alors, il est important d’y être attentif.
À retenir
Finalement, l’enjeu n’est pas de faire parler l’enfant à tout prix,
mais de rester présent et sécurisant.
Un enfant qui dit “ça va” n’est pas toujours un enfant qui n’a rien à dire.
Comment aider mon enfant à trouver sa place dans le groupe ?
Trouver sa place dans un groupe d’enfants n’est pas toujours immédiat.
Cela dépend :
- du tempérament de l’enfant
- des dynamiques du groupe
- des expériences vécues
- et des moments
Il n’existe pas une seule “bonne place”,
mais des équilibres qui se construisent progressivement.
Observer sans comparer
Dans un premier temps, il peut être aidant :
• de repérer avec l’enfant les situations où il se sent plus à l’aise
• de valoriser ses initiatives, même discrètes
• de l’aider à comprendre comment les groupes fonctionnent
L’objectif n’est pas qu’il ressemble aux autres,
mais qu’il trouve une manière d’être avec eux qui lui corresponde.
Toutes les places ne se valent pas
Parfois, un enfant peut sembler “dans le groupe”…
sans réellement s’y sentir bien.
Certains enfants :
• se font très discrets pour rester acceptés
• restent “autour” du groupe
• ou changent souvent de place selon les moments
L’enjeu n’est pas de garder une place à tout prix,
mais de trouver une place où l’enfant peut exister sans s’effacer.
Les groupes évoluent
Comme dans un “banc de poissons”, les positions changent constamment.
Un enfant peut :
• s’éloigner d’un groupe
• se rapprocher d’un autre
• observer
• essayer autrement
Ces ajustements font aussi partie des relations entre enfants.
À dire à votre enfant
• “Tu n’es pas obligé de rester là où tu ne te sens pas bien.”
• “Ta place doit aussi te permettre d’être toi.”
• “Tu peux essayer différentes façons d’être avec les autres.”
Quand être attentif
Si l’enfant reste durablement seul, en retrait ou évite les interactions,
il peut être important de l’accompagner davantage.
Une difficulté à trouver sa place peu fragiliser son sentiment d’appartenance.
À retenir
Trouver sa place ne signifie pas être accepté à n’importe quel prix.
L’enjeu est plutôt d’aider l’enfant à construire des relations dans lesquelles il peut se sentir reconnu, légitime et en sécurité.
Pour approfondir
Comme les poissons d’un banc qui se rapprochent pour se protéger, les enfants cherchent souvent leur place au sein d’un groupe.
Pour mieux comprendre cette dynamique : L’effet « Banc de poissons » à l’école : se regrouper pour s’intégrer et se protéger ➜
Mon enfant retourne vers des camarades qui lui font du mal : comment réagir ?
Certains enfants ou adolescents restent en lien avec des camarades qui les mettent en difficulté.
Dès lors, certains parents peuvent se demander :
• “Pourquoi continue-t-il donc à les voir ?”
• “Pourquoi ne s’éloigne-t-il pas ?”
Ce que cela peut faire vivre au parent
• inquiétude
• incompréhension
• envie de protéger
• agacement parfois
Dans ces conditions, il peut être tentant de vouloir éloigner rapidement l’enfant de ces relations.
Ce qui peut se jouer pour l’enfant
L’enfant peut :
• espérer que la relation change
• avoir peur d’être seul
• chercher à rester dans un groupe qu’il valorise
• ou minimiser ce qu’il vit
Ainsi, le lien peut être maintenu,
même lorsque la relation est déséquilibrée ou blessante.
Une tension difficile
L’enfant est souvent partagé entre :
• le besoin d’appartenir
• et le besoin d’être respecté
Pourtant, ces deux besoins ne vont pas toujours dans la même direction.
L’enjeu n’est pas de décider à sa place,
mais de l’aider à comprendre ce qu’il vit dans la relation.
Comment l’accompagner
Par exemple, il peut être aidant :
• de revenir sur des situations concrètes
• de lui demander ce qu’il ressent
• de l’aider à repérer ce qui lui fait du bien… ou non
Progressivement, cela peut l’aider à :
• mieux comprendre ses relations
• ajuster ses choix
• développer sa capacité à se positionner
À dire à votre enfant
• “J’ai l’impression que cette relation est importante pour toi… mais aussi difficile parfois.”
• “Qu’est-ce qui te fait du bien avec eux ?”
• “Qu’est-ce qui te met si mal à l’aise ?”
Quand être attentif
Si malgré tout, l’enfant est régulièrement blessé, mis à l’écart ou fragilisé dans ces relations,
il est important d’y être attentif.
L’enfant ne doit pas rester seul face à des relations qui le mettent durablement en difficulté.
À retenir
Finalement, l’objectif n’est pas d’éloigner l’enfant à tout prix,
mais de l’aider à construire des relations où il peut être accepté… sans devoir s’effacer.
Comme dans un banc de poissons, il n’est pas toujours simple de s’éloigner d’un groupe ou d’une relation, même lorsqu’elle fait souffrir.
Pour approfondir cette réflexion : L’effet « Banc de poissons » : quand le groupe crée tensions et résistances ➜
Un autre regard sur les relations entre enfants
Toutes les situations ne concernent pas uniquement des enfants en difficulté directe.
En effet, certains peuvent aussi être impliqués autrement dans les relations.
Cela peut concerner :
• un enfant témoin
• ou encore un enfant qui agit sans toujours mesurer l’impact de ses gestes.
Mon enfant a été témoin d’une situation difficile sans intervenir, comment réagir ?
Il arrive qu’un enfant soit témoin d’une situation difficile…
sans intervenir.
Dans certains cas, il peut rester silencieux, suivre le groupe ou ne pas savoir quoi faire,
même si la situation le met mal à l’aise.
Ce que cela peut faire vivre au parent
• inquiétude
• incompréhension
• déception parfois
Ces réactions sont compréhensibles.
Pourtant, ne pas intervenir ne signifie pas forcément être d’accord.
Ce qui peut se jouer pour l’enfant
Dans ces moments, l’enfant peut être pris entre :
• la peur de devenir la prochaine cible
• le besoin de rester dans le groupe
• la difficulté à s’opposer seul
• l’effet d’entraînement
Ainsi, il peut alors ne rien faire…
sans pour autant approuver ce qu’il voit.
Une position souvent difficile
Être témoin, c’est parfois être dans une place inconfortable :
ni complètement “avec”
ni complètement “contre”
En effet, cette position peut être difficile à tenir pour un enfant.
Comment en parler avec lui
Par exemple, plutôt que de demander :
• “Pourquoi tu n’as rien fait ?”
il peut être aidant de demander :
• “Comment tu t’es senti à ce moment-là ?”
• “Qu’est-ce qui t’a empêché d’agir ?”
De cette manière, cela permet de comprendre ce qu’il a vécu,
sans le culpabiliser.
L’aider à se positionner autrement
Un enfant n’a pas toujours les ressources pour intervenir directement.
Il peut néanmoins apprendre à :
• ne pas participer
• s’éloigner
• soutenir discrètement l’autre enfant
• demander l’aide d’un adulte
Ce sont déjà des manières de se positionner.
À dire à votre enfant
• “Ce n’est pas toujours facile de réagir sur le moment.”
• “Tu peux ne pas être d’accord sans savoir quoi faire immédiatement.”
• “On peut réfléchir ensemble à d’autres possibilités.”
Quand être attentif
Si malgré cela, l’enfant se retrouve régulièrement dans ces situations ou suit le groupe malgré lui,
il peut être important de l’accompagner davantage.
À retenir
Finalement, un enfant peut être témoin…
et être lui-même en difficulté dans la situation.
Il apprend progressivement à trouver sa manière de se positionner dans le groupe.
Comme dans un banc de poissons, les enfants changent de position selon les situations : parfois au centre du groupe, parfois en retrait, parfois simples observateurs.
Pour approfondir cette réflexion : Tensions entre enfants à l’école : comprendre les dynamiques de groupe ➜
On me dit que mon enfant fait du mal à un camarade. Comment réagir ?
Apprendre que son enfant peut faire du mal aux autres est souvent déstabilisant.
En effet le parent peut être surpris, inquiet ou avoir envie de défendre son enfant.
Pourtant, un comportement difficile ne définit pas entièrement qui est l’enfant.

Ce qui peut se jouer
Certains comportements peuvent être liés :
• à une impulsivité difficile à réguler
• à un manque de mots
• à une colère accumulée
• ou à une difficulté à se maîtriser dans certaines situations
Parfois, le comportement apparaît brutal…
alors qu’il s’inscrit dans une tension présente depuis plus longtemps.
Comprendre sans minimiser
Cependant, comprendre ne signifie pas excuser.
L’objectif est :
• de reconnaître ce qu’il s’est passé
• d’en chercher le sens
• tout en posant un cadre clair
Comment en parler avec son enfant
Par exemple, il peut être aidant de demander :
• “Qu’est-ce qu’il s’est passé pour toi ?”
• “Qu’est-ce que tu ressentais à ce moment-là ?”
Ainsi, cela permet de
• comprendre son vécu
• mettre des mots
• réfléchir à d’autres possibilités
Développer d’autres réponses
Petit à petit, l’enfant peut apprendre à :
• dire stop avec des mots
• demander de l’aide
• s’éloigner d’une situation
• ou se faire un stop à lui-même lorsque la colère monte
En effet, cette capacité à s’arrêter s’apprend progressivement.
À dire à votre enfant
• “Je comprends que tu étais en colère, mais tu ne peux pas faire mal.”
• “On peut chercher ensemble comment faire autrement.”
• “Tu peux dire quand quelque chose te dérange.”
Quand être attentif
Si ces situations deviennent fréquentes ou s’intensifient,
il peut être utile d’en parler avec l’école et d’accompagner davantage l’enfant.
À retenir
Finalement, un enfant peut faire du mal… sans être un enfant “méchant”.
Il apprend progressivement :
• à gérer ses émotions
• à entrer en relation
• et à trouver d’autres manières d’agir.
Les relations entre enfants à l’école ne sont jamais figées.
Au contraire, elles évoluent, se construisent et se transforment au fil des expériences.
Ainsi, un enfant peut, selon les moments, être en difficulté, suivre le groupe ou agir de manière maladroite.
Cependant, ces positions ne le définissent pas : elles font partie de son apprentissage relationnel.
Progressivement, grandir avec les autres, c’est apprendre à trouver sa place, à comprendre ce que l’on ressent, mais aussi à ajuster peu à peu sa manière d’être en relation.
En tant que parent, il ne s’agit donc pas de tout régler,
mais plutôt d’accompagner, de mettre des mots, et d’offrir un espace où l’enfant peut réfléchir à ce qu’il vit.
Finalement, c’est dans ce cheminement, parfois hésitant, que se construit sa manière d’être avec les autres.
