A l’ombre du banc des secrets : quand l’enfance rêve de liberté.
Zoé et Hania sont deux meilleures amies, toutes deux âgées de 7 ans.
Depuis quelques temps, leur confiance grandit.
Désormais, elles se racontent leurs petits et grands soucis du quotidien.
En parallèle, toutes deux partagent un point commun : de grands cousins et cousines qui leur parlent de projets d’avenir avec enthousiasme.
Ces échanges nourrissent une envie de grandir chez ces enfants, qui s’exprime à travers des jeux, des rêves…et parfois des désirs surprenants.
Le banc des secrets
Premier dialogue entre Hania et Zoé
Leur crayon à la main, elles laissent libre cours à leurs envies, esquissant avec innocence et sérieux les contours de leur futur rêvé.
– Hania : Coucou, mon cousin Jérémy a eu son permis de conduire ! Il dit qu’il est libre d’aller où il veut.
– Zoé : Oh, Il a déjà une voiture ?
– Hania : Et oui !
– Zoé : Il a de la chance. Moi, j’en voudrais une pour aller faire des mèches bleues chez le coiffeur comme ma cousine Chloé.
– Hania : Moi aussi j’aimerais passer mon permis de conduire et faire des couleurs.
– Zoé : En plus, Chloé, elle fait des stories avec son téléphone. Elle dit des trucs compliqués : J’ai décroché un stage, ou je vais faire une frenchi samedi. Moi aussi, j’aimerais dire cela.
– Hania : Attends, on va écrire nos rendez-vous dans le carnet.
– Zoé : Trop bien ! Vas-y, commence !
– Hania : Alors, lundi, réunion chez le Directeur. Mardi, amenez la voiture chez le garagiste. Mercredi, 16 heures, orthophoniste pour Suzon !
– Zoé : Heu..Mais… on n’a pas d’enfant, nous !
– Hania : Moi, ce que j’aimerais le plus, c’est avoir un enfant comme mon cousin Jérémy ! C’est trop bien ! Il en parle tout le temps !
– Zoé : Oui, ce serait chouette…
De la cour de récré au rêve de famille !
Effectivement, à 7 ans, cerise sur le gâteau, ce qu’Hania voudrait par-dessus tout, c’est avoir un enfant.
Elle le dit donc avec tout le sérieux du monde, les yeux brillants, comme si elle annonçait qu’elle allait ouvrir sa propre start-up ou conquérir le monde.
Derrière cette déclaration, pourtant, se cache une aspiration profonde, l’envie de grandir trop vite, qui dépasse le simple jeu.
Pour Hania et Zoé, dans leur logique encore jeune, le monde des adultes apparaît comme un espace de toute puissance. Il n’existe ni contrainte ni interdit.
En effet, leur pensée, encore en construction, s’organise autour de relations simples de cause à effet : Si je suis un adulte, je peux tout faire. Si je fais comme les adultes, je ne souffrirai plus des limites imposées aux enfants.
Ainsi, elles idéalisent le monde des grands, ne percevant que les privilèges, la liberté d’action, les signes extérieurs de ce pouvoir fascinant.