T’as dit quoi à la maîtresse ?
Quand parler devient compliqué
« T’as dit quoi à la maîtresse ? »
Cette question résonne dans de nombreuses cours de récréation.
Être une balance à l’école est une crainte fréquente chez de nombreux enfants.
Parfois prononcée sur le ton de la curiosité, cette question peut aussi traduire une inquiétude :
« Est-ce que tu as parlé de moi ? »
« Est-ce que je vais avoir des problèmes ? »
« Peut-on encore te faire confiance ? »
En grandissant, les enfants apprennent progressivement à gérer certains désaccords par eux-mêmes.
Pourtant, ils ont parfois encore besoin de l’aide d’un adulte pour se protéger, résoudre une situation difficile ou mettre fin à un problème qui dure.
Entre le besoin de demander de l’aide, la peur d’être considéré comme une balance à l’école, la pression du groupe et l’envie de préserver ses amitiés, il n’est pas toujours facile de savoir quoi faire.
Cette FAQ propose des repères pour mieux comprendre ces situations et accompagner les enfants dans le développement de leur autonomie relationnelle.
Comprendre pourquoi les enfants parlent aux adultes
Mon enfant va toujours voir la maîtresse. Est-ce normal ?
Oui, surtout lorsqu’il est jeune.
En maternelle et au début de l’école primaire, les enfants se tournent naturellement vers les adultes lorsqu’ils rencontrent une difficulté.
Ils peuvent aller voir l’enseignant parce qu’un camarade leur a pris un jouet, ne veut plus jouer avec eux ou n’a pas respecté une règle.
Chercher un point d’appui

À cet âge, l’adulte représente une figure de sécurité.
Il aide à comprendre ce qui se passe, à faire respecter les règles et à résoudre les conflits.
Par ailleurs, les enfants sont en train de construire leur compréhension de la justice et de la vie en groupe.
Il est donc fréquent qu’ils signalent ce qui leur semble injuste ou contraire aux règles.
Par exemple :
« Maîtresse, il est passé devant moi ! »
« Maîtresse, elle ne veut plus jouer avec moi ! »
Ces demandes d’aide ne signifient pas forcément que l’enfant cherche à dénoncer un camarade.
Le plus souvent, il cherche à comprendre une situation, à être rassuré ou à retrouver un sentiment de sécurité.
En grandissant, les attentes évoluent progressivement.
Les adultes encouragent davantage les enfants à chercher certaines solutions par eux-mêmes avant de solliciter leur intervention.
Cependant, cette évolution prend du temps et ne suit pas le même rythme pour tous les enfants.
Aller voir la maîtresse est donc souvent une étape normale du développement social. Peu à peu, l’enfant apprend à distinguer les situations qu’il peut essayer de gérer seul de celles pour lesquelles il a réellement besoin d’aide.
Pourquoi certains enfants racontent-ils tout aux adultes ?
Tous les enfants qui vont voir la maîtresse ne le font pas pour les mêmes raisons.
Certains cherchent avant tout à être rassurés ou protégés lorsqu’ils rencontrent une difficulté.
D’autres, au contraire, ont un sens de la justice très développé et supportent difficilement ce qui leur paraît injuste.
Ils peuvent alors signaler un comportement qui ne respecte pas les règles ou qu’ils jugent inacceptable.
Comprendre les règles du jeu

Par ailleurs, certains enfants sont encore en train d’apprendre comment fonctionne la vie en groupe.
Ils utilisent alors l’adulte comme un repère pour comprendre ce qui est autorisé, ce qui ne l’est pas et comment réagir dans certaines situations.
Par exemple :
« Il a triché. »
« Elle est passée devant tout le monde. »
« Il n’a pas respecté la règle. »
Enfin, certains enfants peuvent craindre de mal faire ou avoir besoin que les règles soient clairement appliquées pour se sentir en sécurité.
Leur comportement ne traduit pas forcément une volonté de dénoncer les autres.
Dans ces situations, il reflète le plus souvent un besoin de comprendre, d’être rassuré ou de voir les règles respectées.
Peu à peu, les enfants apprennent que tous les désaccords ne nécessitent pas l’intervention d’un adulte.
Ils développent alors leur capacité à discuter, négocier et résoudre certains conflits par eux-mêmes.
Raconter ce qui se passe n’est donc pas toujours une façon de dénoncer. C’est souvent une manière de chercher des repères pour comprendre les règles du jeu social.
À partir de quel âge un enfant peut-il régler certains conflits seul ?
Lorsque les enfants sont petits, ils se tournent naturellement vers les adultes pour résoudre leurs difficultés.
En maternelle ou au début de l’école primaire, il est fréquent qu’ils demandent l’aide de l’enseignant dès qu’un problème apparaît.
En grandissant, les attentes évoluent progressivement. Les adultes encouragent davantage les enfants à chercher des solutions, à exprimer leur désaccord ou à discuter avec leurs camarades avant de solliciter leur intervention.
Cette évolution ressemble beaucoup à l’apprentissage du vélo.
Apprendre à résoudre les conflits comme l’apprentissage du vélo

Comme lorsqu’on apprend à faire du vélo, l’enfant gagne progressivement en autonomie tout en sachant qu’un adulte reste disponible en cas de difficulté.
Par exemple, lorsqu’un enfant dit
« Je vais dire à la maîtresse que tu ne veux pas jouer avec moi ! »
il peut parfois être encouragé à explorer d’autres pistes :
« Pourquoi tu ne veux pas jouer avec moi ? »
« Est-ce qu’on peut trouver un autre jeu ? »
Cette autonomie relationnelle devient particulièrement importante à l’approche de l’entrée au collège, où les relations sociales sont plus nombreuses et parfois plus complexes.
Pour autant, cela ne signifie pas qu’un enfant doit tout gérer seul.
Certaines situations nécessitent clairement l’aide d’un adulte, notamment lorsqu’il y a des moqueries répétées, de l’exclusion, de l’intimidation ou une situation de danger.
L’enjeu n’est donc pas d’apprendre à ne plus demander d’aide, mais à reconnaître les situations que l’on peut essayer de résoudre soi-même et celles pour lesquelles l’intervention d’un adulte est nécessaire.
Les moqueries font partie des relations entre enfants.
Elles deviennent plus difficiles lorsqu’elles sont répétées, ciblées ou qu’elles mettent un enfant en difficulté.
Comprendre ce que vit l’enfant
Dans un premier temps, il peut être aidant :
• d’écouter ce qu’il raconte
• de repérer ce que cela lui fait ressentir
• de distinguer une situation ponctuelle d’une situation répétée
L’objectif est de comprendre sans banaliser ni dramatiser.
Face aux moqueries, il n’existe pas une seule façon de réagir.”
Chercher plusieurs réponses possibles
Selon les situations, l’enfant peut essayer :
• répondre simplement
• utiliser l’humour
• ne pas entrer dans le jeu
• s’éloigner
• demander de l’aide
L’enjeu n’est pas de répondre parfaitement,
mais de trouver des façons de réagir qui lui correspondent.
Exemple du quotidien
Pendant un jeu, un enfant peut entendre :
• “Tu ne sais pas jouer !”
• “Regarde-le !”
Répétées devant les autres, ces remarques peuvent :
- gêner
- mettre mal à l’aise
- faire perdre confiance
Revenir ensuite avec l’enfant sur ce qu’il a ressenti ou essayé peut l’aider à retrouver des possibilités d’action.
À dire à votre enfant
• “Tu peux choisir de ne pas entrer dans leur jeu.”
• “Ce qu’ils disent ne définit pas qui tu es.”
• “On peut chercher ensemble des façons de répondre.”
Quand être attentif
Si les moqueries deviennent répétées, ciblées ou envahissantes,
il est important de ne pas les banaliser.
L’enfant ne doit pas rester seul face à des situations qui l’atteignent durablement.
➜ Pour approfondir cette question : Comment ignorer les moqueries (et pourquoi ce n’est pas si simple)
Entre réputation, pression du groupe et confiance
Mon enfant risque-t-il d'être considéré comme une « balance » ?
Oui, cela peut arriver.
À mesure que les enfants grandissent, ils accordent davantage d’importance à leur place dans le groupe et à l’image qu’ils renvoient aux autres.
Lorsqu’un enfant sollicite très régulièrement l’aide d’un adulte pour signaler ce que font ses camarades, certains peuvent progressivement le considérer comme une balance à l’école.
Le regard du groupe
Cette réputation ne reflète pourtant pas toujours ses intentions.
En effet, l’enfant peut chercher à comprendre une situation, à obtenir de l’aide ou à faire respecter une règle qu’il juge importante.
Cependant, les autres enfants n’ont pas toujours accès à ces intentions.
Ils observent surtout les comportements visibles.
À force de voir un camarade se tourner vers l’adulte pour résoudre les difficultés, ils peuvent avoir le sentiment qu’il ne cherche jamais à régler les problèmes par lui-même.
Par ailleurs, cette question devient souvent plus sensible à l’approche du collège.
Les groupes s’élargissent, les relations se complexifient et le regard des autres prend davantage de place.
Cette sensibilité au regard du groupe est étroitement liée au besoin d’appartenance. Pour mieux comprendre pourquoi la place occupée dans le groupe est si importante dans les relations entre enfants, vous pouvez également consulter notre article « Groupes d’appartenance et bancs de poissons ».
Pour autant, demander de l’aide lorsqu’une situation devient difficile ou préoccupante ne fait pas automatiquement d’un enfant une balance à l’école.
L’enjeu n’est donc pas d’empêcher l’enfant de demander de l’aide, mais de l’aider à distinguer les petits désaccords du quotidien des situations pour lesquelles le recours à un adulte est réellement nécessaire.
Mon enfant a peur d'être traité de balance. Que faire ?
Cette peur est fréquente, en particulier à partir de la fin de l’école primaire.
En grandissant, les enfants accordent davantage d’importance à leur place dans le groupe et au regard de leurs camarades.
La peur d’être une balance à l’école apparaît souvent lorsque l’enfant l’enfant craint que ses camarades le rejettent, se moquent de lui ou l’écartent du groupe.
Entre sa sécurité et sa place dans le groupe

Dans certains cas, l’enfant ne craint pas tant la réaction de l’adulte que celle de ses pairs.
Il peut se demander :
« Vont-ils m’en vouloir ? »
« Est-ce qu’ils vont se moquer de moi ? »
« Est-ce que je vais perdre mes amis ? »
Par conséquent, certains enfants préfèrent garder leurs difficultés pour eux ou attendre que la situation devienne très compliquée avant d’en parler.
Cette peur est souvent liée au besoin d’appartenir à un groupe. Pour mieux comprendre pourquoi certains enfants craignent d’être rejetés lorsqu’ils ne respectent pas les attentes de leurs camarades, vous pouvez consulter la deuxième partie de notre série « Groupes d’appartenance et bancs de poissons ».
Pour autant, demander de l’aide n’est pas une faute.
Au contraire, certaines situations dépassent ce qu’un enfant peut raisonnablement gérer seul, notamment lorsqu’il existe des moqueries répétées, de l’exclusion, de l’intimidation ou une situation de danger.
L’objectif n’est pas de choisir entre le groupe et l’adulte. Il s’agit plutôt d’aider l’enfant à reconnaître les situations dans lesquelles il a besoin de soutien pour se protéger ou résoudre un problème.
Mon enfant est considéré comme une « balance ». Comment l'aider ?
Lorsqu’un enfant acquiert la réputation de balance à l’école, cette réputation peut être difficile à vivre.
Il peut avoir le sentiment que les autres le jugent avant même de le connaître ou interprètent certains de ses comportements à travers cette étiquette.
La réputation peut évoluer

Pour autant, une réputation n’est jamais totalement figée.
Avec le temps, les enfants observent aussi les changements de comportement, les efforts réalisés et les nouvelles expériences partagées.
Par conséquent, il n’est généralement pas utile d’encourager l’enfant à se justifier sans cesse ou à convaincre tout le monde qu’il n’est pas une « balance ».
Au contraire, il est souvent plus aidant de l’encourager à développer progressivement son autonomie relationnelle et à résoudre lui-même certains petits désaccords lorsqu’il en est capable.
Par ailleurs, il peut être utile de l’aider à renforcer ses liens avec quelques camarades de confiance plutôt que de chercher à être apprécié par tous.
Retrouver sa place dans un groupe demande parfois du temps. Pour approfondir cette réflexion, vous pouvez consulter la troisième partie de notre série « Groupes d’appartenance et bancs de poissons ».
Si une relation a été fragilisée, une phrase simple peut parfois contribuer à apaiser les tensions :
« Je ne voulais pas te mettre dans une situation difficile. »
« J’aimerais qu’on reparte sur quelque chose de plus calme. »
La confiance se reconstruit rarement en un jour. Cependant, la constance, les actes et le temps permettent souvent à une réputation d’évoluer davantage que de longues explications.
Certains enfants ou adolescents restent en lien avec des camarades qui les mettent en difficulté.
Dès lors, certains parents peuvent se demander :
• “Pourquoi continue-t-il à les voir ?”
• “Pourquoi ne s’éloigne-t-il pas ?”
Ce que cela peut faire vivre au parent
• inquiétude
• incompréhension
• envie de protéger
• agacement parfois
Dans ces conditions, il peut être tentant de vouloir éloigner rapidement l’enfant de ces relations.
Ce qui peut se jouer pour l’enfant
L’enfant peut :
• espérer que la relation change
• avoir peur d’être seul
• chercher à rester dans un groupe qu’il valorise
• ou minimiser ce qu’il vit
Ainsi, le lien peut être maintenu,
même lorsque la relation est déséquilibrée ou blessante.
Une tension difficile
L’enfant est souvent partagé entre :
• le besoin d’appartenir
• et le besoin d’être respecté
Pourtant, ces deux besoins ne vont pas toujours dans la même direction.
L’enjeu n’est pas de décider à sa place,
mais de l’aider à comprendre ce qu’il vit dans la relation.
Comment l’accompagner
Par exemple, il peut être aidant :
• de revenir sur des situations concrètes
• de lui demander ce qu’il ressent
• de l’aider à repérer ce qui lui fait du bien… ou non
Progressivement, cela peut l’aider à :
• mieux comprendre ses relations
• ajuster ses choix
• développer sa capacité à se positionner
À dire à votre enfant
• “J’ai l’impression que cette relation est importante pour toi… mais aussi difficile parfois.”
• “Qu’est-ce qui te fait du bien avec eux ?”
• “Qu’est-ce qui te met mal à l’aise ?”
Quand être attentif
Si malgré tout, l’enfant est régulièrement blessé, mis à l’écart ou fragilisé dans ces relations,
il est important d’y être attentif.
L’enfant ne doit pas rester seul face à des relations qui le mettent durablement en difficulté.
À retenir
Finalement, l’objectif n’est pas d’éloigner l’enfant à tout prix,
mais de l’aider à construire des relations où il peut être accepté… sans devoir s’effacer.
Comme dans un banc de poissons, il n’est pas toujours simple de s’éloigner d’un groupe ou d’une relation, même lorsqu’elle fait souffrir.
Pour approfondir cette réflexion : L’effet « Banc de poissons » : quand le groupe crée tensions et résistances ➜
Comment savoir quand il faut vraiment parler ?
Est-ce qu'on trahit un ami en parlant à un adulte ?
Pas forcément.
Les enfants entendent souvent qu’un ami doit garder les secrets et rester loyal.
Pour cette raison, certains hésitent à parler lorsqu’un camarade leur confie quelque chose de difficile ou lorsqu’ils sont témoins d’une situation préoccupante.
Tous les secrets ne se ressemblent pas

En effet, certains secrets sont sans conséquence.
Ils concernent par exemple une surprise, un cadeau ou un projet que l’on souhaite garder confidentiel pendant quelque temps.
D’autres secrets, en revanche, concernent une souffrance, une peur ou une situation qui risque de s’aggraver.
Par exemple :
« Quelqu’un me fait du mal. »
« Je me fais harceler. »
« J’ai peur de venir à l’école. »
Dans ces situations, demander l’aide d’un adulte ne signifie pas trahir un ami ni être une balance à l’école.
Au contraire, cela peut être une façon de le protéger.
Par ailleurs, il peut être utile d’expliquer aux enfants qu’ils ne sont pas seuls responsables de résoudre des problèmes qui les dépassent.
Certaines difficultés nécessitent l’intervention d’un adulte capable d’apporter de l’aide et de garantir la sécurité de chacun.
Certains enfants hésitent pourtant longtemps avant de parler, par peur des réactions du groupe ou des conséquences que cela pourrait avoir. Nous abordons également cette question dans notre série « Un CM2 difficile », qui raconte le vécu d’une élève confrontée à des difficultés relationnelles à l’école.
Être un bon ami ne consiste donc pas à garder tous les secrets. C’est aussi savoir demander de l’aide lorsqu’une personne est en difficulté ou en danger.
Peu à peu, l’enfant apprend ainsi que la loyauté et la protection peuvent parfois aller dans le même sens.
Comment savoir si un enfant doit essayer de gérer seul ou demander de l'aide ?
Il n’est pas toujours facile pour un enfant de savoir s’il doit régler une situation par lui-même ou solliciter un adulte.
En effet, certains désaccords font partie de la vie quotidienne et peuvent souvent être résolus par la discussion, le compromis ou l’éloignement.
Se poser les bonnes questions

Cependant, certaines situations nécessitent davantage de soutien.
Pour aider votre enfant à faire la différence, vous pouvez l’encourager à se poser quelques questions simples :Est-ce que quelqu’un est en danger ?
– Est-ce que cela se répète souvent ?
– Ai-je déjà essayé de régler le problème ?
– Est-ce que la situation me fait peur ou me fait souffrir ?
Si la réponse est oui à l’une de ces questions, demander l’aide d’un adulte peut être une bonne idée.
Dans ces situations, demander de l’aide ne signifie pas être une balance à l’école. Il s’agit avant tout de se protéger ou de protéger quelqu’un d’autre.
À l’inverse, lorsqu’il s’agit d’un désaccord ponctuel ou d’un petit conflit du quotidien, l’enfant peut parfois être encouragé à chercher lui-même une solution.
Par ailleurs, il est important de lui rappeler qu’essayer de gérer une situation seul ne signifie pas rester seul avec ses difficultés.
Il peut toujours revenir vers un adulte si le problème persiste ou devient trop difficile à supporter.
L’objectif n’est pas que l’enfant règle seul tous ses problèmes. Il s’agit plutôt de l’aider à reconnaître les situations qu’il peut gérer lui-même et celles pour lesquelles il a besoin d’aide.
Peu à peu, cette réflexion participe au développement de son autonomie relationnelle, de son discernement et de sa confiance en lui.
Comment distinguer aide, dénonciation et vengeance ?
Lorsqu’un enfant parle à un adulte, ce n’est pas toujours pour les mêmes raisons.
Pourtant, vu de l’extérieur, les comportements peuvent parfois sembler identiques.
Pourquoi est-ce que je parle ?

Dans certains cas, l’enfant cherche avant tout à protéger quelqu’un ou à obtenir de l’aide face à une situation difficile.
Par exemple, il peut signaler des moqueries répétées, une situation de harcèlement ou une mise à l’écart préoccupante.
Dans ces situations, parler à un adulte ne revient pas à être une balance à l’école.
Son intention est d’aider ou de protéger.
À d’autres moments, il peut simplement vouloir signaler un problème afin qu’il soit résolu.
L’objectif n’est alors pas de faire punir quelqu’un, mais de trouver une solution.
Cependant, il arrive aussi qu’un enfant parle à un adulte parce qu’il est en colère ou parce qu’il souhaite qu’un camarade ait des ennuis.
Dans cette situation, l’intention se rapproche davantage de la vengeance que de la recherche d’aide.
Cette réaction est compréhensible. Elle mérite toutefois d’être accompagnée afin d’aider l’enfant à prendre du recul sur ce qu’il ressent et sur les conséquences possibles de ses actes.
Par conséquent, il peut être utile de l’encourager à se poser une question simple :
« Pourquoi ai-je envie d’en parler ? »
Cette réflexion l’aide progressivement à mieux comprendre ses émotions, ses motivations et les conséquences de ses actes.
Peu à peu, l’enfant apprend ainsi à distinguer l’aide, la recherche de solutions et la vengeance. Il développe également sa capacité à réfléchir avant d’agir et à mesurer les effets de ses paroles sur les autres.
Être une balance à l’école ne se résume pas au fait de parler à un adulte.
Au fil de leur développement, les enfants apprennent progressivement à distinguer les petits désaccords du quotidien des situations qui nécessitent réellement de l’aide.
Ils découvrent également que demander du soutien n’est pas toujours une trahison, que certains secrets ne doivent pas être gardés et que préserver une relation ne signifie pas accepter n’importe quelle situation.
Grandir, ce n’est pas apprendre à tout gérer seul.
C’est apprendre quand essayer de résoudre un problème par soi-même, quand demander de l’aide et comment trouver progressivement sa place parmi les autres.
Peu à peu, l’enfant développe ainsi son autonomie relationnelle, son discernement et sa confiance dans ses relations.
Et si ces questions restent parfois complexes, elles constituent aussi de précieuses occasions d’apprendre à vivre avec les autres tout en restant fidèle à soi-même.